Le Festival de Cannes 2009 marque son époque par une touche particulière, un ton et un style. En résumé, on pourrait appeler cela “le style salope et frac”, ou encore “nibes et flingues”, ou encore dit en anglais (langue plus cool et plus rock’n roll comme on le sait) “bitch & fight”. En gros et pour faire dans le synthétique, il s’agit de montrer des miches et de faire parler les calibres. Avec pour donner du liant, un scénario qui varie entre course poursuite et vengeance, voire les deux en même temps…
C’est Canal +, qui comme toujours est en avance sur tout le monde, en ayant donné le tempo et osé mettre des images sur des mots, et des points sur les “i”. Dans le Petit Journal People de Cannes, son présentateur, le sémillant Yann Barthès, mettait la semaine dernière sous le feu des projecteurs un film de premier plan, une oeuvre magistrale : Bitch Slap, de Rick Jacobson. Un réalisateur qui a déjà inscrit plusieurs titres dans le marbre du Cinéma Mondial, comme le prouve ces quelques affiches. Bitch Slap est une production récente, mais déjà un film culte, comme le prouve ce court trailer que vous avons retrouvé en exclusivité.
Ce film d’auteur réunit trois actrices, trois personnages clés qui en disent long sur la trame dramatique : la “bombe sexuelle”, la “psychopathe” et la “strip-teaseuse”. Ce sont aussi trois destins, couchés sur l’écran et peut être ailleurs avant et après, même si “cela ne nous regarde pas” selon la formule consacrée et empruntée. Quel est le programme, quel est le menu pour nos trois “drôles de dames”? En gros, nibes, culs, anches et bourres-pif pour le côté acting qui aura du être long à enrichir. M60, canon scié et lames diverses pour le matériel mobilisé, qui a du être long à réunir. La trame de fond est elle plus psychologique, plus complexe à saisir : de l’argent à récupérer, des poursuites en voiture, un désert pas très loin, des chambres d’hôtel moites et de la vapeur de douche sans serviette. C’est ce que l’on nomme déjà depuis un moment le “Grindhouse“, un genre auto-proclamé par deux réalisateurs connus pour leur raffinement : Tarantino et Rodriguez. Pour rappel, quelques images ci-dessous :
Mais il faut être honnête et complet, pratiquer une approche historicienne du 7ème Art : ces deux lascars n’ont rien inventé tout à fait, ont juste l’humeur du temps, l’attente de leur époque. La tendance avait déjà démarré quelques années auparavant, pour ce cinéma de pouffes et de bastos, avec les remakes de Drôles de Dames. Sur ce créneau on dispose toujours d’actrices très bien roulées avec des courbes avantageuses et un art de la réplique d’jeunes, mais elles sont un peu plus connues, un peu plus “propres” à exhiber sur les tapis des festivals ou après dans d’autres productions de bonne facture. Pour rappel du style, cette vidéo croisée sur You Tube :
Selon nous sources exclusives, il semblerait que le Festival envisagerait de consacrer dans le futur hypothétique un Prix Spécial du jury pour ce genre si apprécié. Mais un débat existerait actuellement en son sein pour le choix du nom de ce prix : “Prix du film de salopes” étant un peu snobé au profit d’un plus consensuel “Prix cul, baston et bagnole” qui a le mérite de pouvoir être traduit en acronyme, avec “CBB”. Pour aider dans cette réflexion, je vous propose donc de laisser en commentaires ci-dessous toutes vos idées et suggestions. Ah pardon, j’allais oublier, “et vous qu’en pensez-vous?”.
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